Veille scientifique — 29 septembre 2026.
Que peut réellement apporter un robot de greffe de cheveux en 2026 ? Les évolutions concernent l’analyse des images, l’assistance au prélèvement et l’intégration des étapes opératoires. Pour comprendre leur intérêt, il faut distinguer trois niveaux : un équipement commercialisé, une annonce industrielle et un prototype de laboratoire. Voici les nouveautés repérées et les questions qu’elles soulèvent pour les patients.
ARTAS iXi : comprendre la greffe capillaire robotisée
ARTAS iXi constitue un exemple de plateforme robotisée déjà proposée par son fabricant, Venus. Sa documentation décrit une assistance au prélèvement des unités folliculaires, à la création des sites receveurs et à l’implantation. Le système associe des caméras, une analyse des images et un bras robotisé ; le praticien intervient dans la planification du traitement.[1]
La robotisation désigne ici une assistance instrumentale à la chirurgie. Elle ne suffit pas, à elle seule, à démontrer un meilleur résultat esthétique. Les caractéristiques annoncées pour un modèle doivent également être distinguées des indications et fonctions effectivement accessibles dans le pays où il est utilisé.
HAIRO : une annonce à suivre en 2026
Dans un communiqué du 10 juillet 2026, Puncture Robotic présente HAIRO au congrès mondial de recherche capillaire de Séoul. Le fabricant décrit un guidage par caméras et des ajustements des paramètres pendant l’extraction. Il annonce une cadence pouvant atteindre 2 400 follicules par heure et un algorithme privilégiant les unités contenant plusieurs cheveux.[2]
Ces chiffres proviennent de l’entreprise. Ils ne constituent pas une démonstration indépendante de meilleure repousse. Le pourcentage d’unités à plusieurs cheveux sélectionnées ne mesure notamment pas la survie des greffons.
Le communiqué évoque aussi une version pour le prélèvement de cheveux longs en préparation. À cette date, les démarches américaines et européennes étaient présentées comme en cours : cette annonce ne permet donc pas d’affirmer que HAIRO est disponible en France. Une vérification réglementaire actualisée serait nécessaire avant toute proposition clinique.
Un prototype réunit prélèvement et implantation
Une équipe de l’université Mahidol a publié en février 2025 un système expérimental combinant guidage par image et aiguille à double fonction. Son objectif : réunir prélèvement et implantation dans un même dispositif.[3]
Les essais ont été réalisés sur un modèle en silicone contenant des filaments, et non sur des patients. Les auteurs rapportent 89 % de précision pour la détection, 83,3 % de réussite technique du prélèvement et 53,3 % pour l’implantation. Le mécanisme d’aspiration n’a pas fonctionné comme prévu.
Cette publication montre une piste de recherche concrète, avec des limites techniques importantes. Ses pourcentages ne correspondent ni à un taux de repousse humaine ni à un résultat clinique transposable à une consultation.
Comment évaluer les promesses d’un robot de greffe de cheveux ?
Notre lecture de ces sources conduit à séparer la performance de la machine du bénéfice pour le patient. Une précision de positionnement, une vitesse d’extraction et une satisfaction esthétique répondent à des questions différentes. Avant de conclure qu’un robot apporte un avantage, il faut examiner ce qui a réellement été mesuré.
- Le cadre de l’évaluation : laboratoire, démonstration industrielle ou étude chez des patients ?
- Le critère étudié : geste technique réussi, greffon prélevé intact, repousse ou résultat esthétique ?
- La comparaison : quelle technique, quel opérateur et quels patients servent de référence ?
- Le suivi : les résultats et les complications sont-ils documentés au-delà de l’intervention ?
- L’indépendance : s’agit-il de données du fabricant ou d’une publication évaluée par des pairs ?
Le rôle du chirurgien reste central
Dans sa position sur les qualifications en chirurgie du cuir chevelu, l’ISHRS considère les outils de prélèvement FUE, y compris robotisés, comme des prolongements de la main de l’opérateur. Elle place notamment le diagnostic, la planification et les gestes chirurgicaux dans le champ de professionnels qualifiés, selon les règles applicables localement.[4]
Pour un patient, la consultation doit donc permettre de comprendre l’indication proposée, l’identité du praticien responsable et la place exacte de la machine. Le nom d’un équipement ne remplace pas cette discussion.
Questions fréquentes sur la greffe robotisée
Un robot réalise-t-il toute la greffe seul ?
Les systèmes décrits dans cette veille assistent certaines étapes. Leur présentation ne justifie pas de parler d’une prise en charge entièrement autonome.
La greffe robotisée donne-t-elle forcément un meilleur résultat ?
Les sources présentées ici ne permettent pas de conclure à une supériorité générale. Une annonce technique doit être confrontée à des résultats cliniques comparables et à leurs limites.
Comment discuter de ces innovations chez Hairclinic ?
Vous pouvez contacter Hairclinic pour discuter de votre situation et des options adaptées. Cette veille ne signifie pas que les équipements cités sont utilisés dans nos centres.
À lire également : les nouveaux traitements de la calvitie en 2026 et nos Actualités scientifiques.
Sources et nature des données
- Venus — documentation ARTAS iXi. Source fabricant, consultée le 29 septembre 2026.
- Puncture Robotic — présentation de HAIRO au WCHR 2026. Communiqué du fabricant, 10 juillet 2026.
- Thuangtong R. et al. — système robotisé intégré de transplantation capillaire. Computational and Structural Biotechnology Journal, 2025 ; 28 : 80–93. DOI : 10.1016/j.csbj.2025.02.009. Étude expérimentale sur modèle, évaluée par des pairs.
- ISHRS — position sur les qualifications en chirurgie du cuir chevelu. Position d’une société savante, consultée le 29 septembre 2026.
